Matinée technique en Costières de Nîmes : irrigation du vignoble

Dans le cadre de la Charte Paysagère et Environnementale de l’appellation, le Syndicat des Vignerons des Costières de Nîmes a organisé une matinée technique à l’intention de tous les producteurs sur le thème de l’irrigation du vignoble. Celle-ci s’est déroulée le vendredi 16 mars dernier au Château de Nages avec une trentaine de producteurs présents. Une partie s’est déroulée en salle et l’autre sur une parcelle du Domaine à proximité du Chemin des Canaux.

Photo réalisée par Marina de Cecco

Voici le programme de la matinée, les intervenants ainsi que les présentations à télécharger :

  1. Contexte réglementaire et application du nouveau Décret sur l’irrigation des vignes de cuve par Romain Besson Syndicat des Vignerons des Costières de Nîmes : Aspects réglementaires – Romain Besson
  2. Ressource en eau sur le territoire : réseaux existants et projets par Pierre Gourdon – BRL Exploitation : Ressource en eau – Pierre Gourdon
  3. Objectifs, effet de l’irrigation, outils d’aide à la décision et maîtrise de l’irrigation par Bernard Genevet – Chambre d’Agriculture du Gard : Aspects techniques, OAD et maîtrise de l’irrigation – Bernard Genevet
  4. Présentation de l’installation du domaine et retour d’expérience par Eudes Gérardin du Château de Nages et par Pierre-Alain Garnaud de BRL Exploitation

I Réglementation irrigation de vignes de cuve

1. AOC :

Irrigation interdite du 1er mai à la récolte.

En 2018, à la demande de l’INAO, l’ODG lance un recensement général par la déclaration préalable d’affectation parcellaire sur les possibilités d’irrigation par les opérateurs. Les trois informations suivantes sont demandées :

  • Capacité de l’exploitation à recourir à l’irrigation : Oui/Non
  • Type de ressource utilisés (BRL, forage,…)
  • Présence d’une installation d’irrigation fixe pour chaque parcelle affectée : Oui/Non

Ce recensement a pour objectif de déterminer le périmètre de contrôle en cas de demande de dérogation à l’interdiction d’irriguer.

Cas d’une dérogation : Une dérogation peut être demandée par l’ODG lorsque le stress hydrique est susceptible de remettre en cause la qualité de la production. Dans tous les cas cette dérogation à l’interdiction ne peut pas excéder la date du 15 août.

Lorsque la dérogation est obtenue, voici vos obligations :

  • Déclarer les parcelles irriguées à Certipaq au plus tard 2 jours avant irrigation (en plus des déclarations liées à la Police de l’eau)
  • Respecter le nouveau rendement agronomique pour chaque parcelle irriguée (charge maximale moyenne à la parcelle) : 8T/ha (au lieu de 9,5T/ha en Costières de Nîmes et 10T/ha en Clairette de Bellegarde si la parcelle n’était pas irriguée).

L’obtention  d’une dérogation entraîne de fait un renforcement des contrôles et des sanctions pour les opérateurs ayant la capacité d’irriguer (qu’ils irriguent effectivement ou non).

Attention l’obtention d’une dérogation reste soumise aux éventuelles restrictions décidées par le Préfet :

  • Seuil de vigilance
  • Seuils d’alerte : niveau 1 et 2
  • Seuil de crise

Ainsi, par exemple le seuil de crise qui a failli être déclenché en 2017 interdit toute utilisation d’eau à usage agricole même s’il s’agit de l’eau du Bas-Rhône.

La modification du Code Rural et de la Pêche Maritime a entraîné 3 modifications majeures :

  • Extension des périodes pendant lesquelles l’irrigation peut être autorisée en cas de demande de dérogation pouvant aller de la date d’obtention de la dérogation jusqu’au 15 août
  • Autorisation des installations enterrées
  • Déconnexion des rendements entre parcelles irriguées et non-irriguées. Dorénavant, pour une même appellation l’ODG peut demander une dérogation à l’interdiction d’irriguer et une augmentation annuelle de rendement (ex : 65hl/ha pour les blancs au lieu de 60hl/ha). Dans ce cas les parcelles irriguées seront plafonnées au rendement de base de l’appellation (ex : 60hl/ha) et le rendement des parcelles non-irriguées pourra aller au delà (ex : 65hl/ha)

2. Toutes vignes de cuve :

3. Réponses aux questions :

  • La fertirrigation est-elle autorisée ?

Fertirrigation = Fertilisation + Irrigation. La fertilisation n’est pas encadrée dans le cahier des charges de l’appellation (attention toutefois à la Directive Nitrates notamment) mais l’irrigation oui. Donc tant que l’irrigation est interdite, la fertirrigation l’est aussi.

  • Si j’irrigue avant le 1er mai, y a t-il une déclaration à faire ?

Non il n’y a pas de déclaration à faire auprès de Certipaq, seuls les déclarations habituelles à la Police de l’eau sont à réaliser.

Voir diaporama de présentation à télécharger en haut de page pour plus d’informations.

II Ressource en eau sur le territoire : réseaux existants et projets

Les surfaces irriguées en vignes de cuve en Languedoc-Roussillon atteignent 15 000 ha.

Un projet d’extension est actuellement en cours sur les communes de Générac, Beauvoisin et Vauvert pour 600 ha et qui devrait être finalisé d’ici 2 à 3 ans.

Possibilité de se regrouper en association pour créer un réseau privé alimenté par BRL afin d’étendre plus facilement le réseau.

Voir diaporama de présentation à télécharger en haut de page pour plus d’informations.

III Objectifs, effet de l’irrigation, outils d’aide à la décision et maîtrise de l’irrigation

Bernard Genevet rappelle tout d’abord l’importance d’avoir un compteur pour savoir ce que l’on apporte réellement. L’apport d’eau ne lisse pas les rendements, elle les augmentent. Toutefois l’effet millésime reste prépondérant dans les rendements. Il rappelle également que les cas de mortalité des ceps dus à la sécheresse restent très rares.

Les quantités classiques d’apport sont de 1 à 2 mm/jour. L’irrigation doit se raisonner à la semaine en fonction des prévisions météorologiques sauf pour les sols sableux ou elle doit se gérer à la journée.

L’effet de l’irrigation est une augmentation de la concentration en sucres (+5 à 10%) de par l’amélioration de la photosynthèse et finalement peu ou pas d’effet sur la couleur et les tanins. Attention aux cépages comme le Grenache N par exemple.

Pour simplifier, avant véraison, l’irrigation sert à faire grossir les baies et après véraison elle sert à maintenir leur taille.

La date du 15 août pour les AOC n’est pas forcément problématique puisque les baies recommence à perdre du volume 15 jours seulement après l’arrêt complet de l’irrigation.

Les outils de mesures couramment utilisés sont :

  • Notation apex
  • Chambre à pression qui mesure la contrainte hydrique subie par la plante
  • Tensiomètre qui mesure la force qu’il faut pour extraire l’eau du sol
  • Sonde capacitive qui mesure la quantité d’eau dans le sol

Voir diaporama de présentation à télécharger en haut de page pour plus d’informations.

 

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